« Damn you, you and your machine. » -The Imitation Game

Les deux dernières semaines ont été riches en biopics, de ce fait, ma conscience m’ordonne de consacrer un article sur au moins l’un d’eux. J’ai choisi The Imitation Game, pour des raisons qui seront évidentes à la fin de cet article. Toutefois je voudrais prendre quelques lignes pour parler de The Theory of Everything de James Marsh et d’Unbroken d’Angelina Jolie, deux autres biopics sortis en salle récemment.

Unbroken-2
LOUIS ! LOUIS ! LOUIS !

Unbroken est un bon film, sans prise de risques, avec une écriture très classique. Je n’ai pas été déçue loin de là, le film ne m’a pas non plus spécialement marquée. L’histoire de Louis Zamperini est bien écrite, c’est très propre et rigoureux. Il en résulte simplement un film où il n’y a rien  de particulièrement intéressant à développer à mes yeux. Pour The Theory of Everything, je garde un arrière-goût de déception et d’agacement. En effet, j’avais parfois l’impression de regarder un film sur Jane Wilde, la femme de Stephen Hawking pendant la période évoquée.  J’ai trouvé que le film a passé beaucoup trop de temps à montrer que cette femme était courageuse, aimante et dévouée, on n’avait pas besoin d’autant de preuves. Ce sont donc de précieuses minutes qui auraient pu être plus efficaces si elles étaient dédiées au ressenti d’Hawking, à ses sentiments pendant cette période de transition vers une maladie destructrice.

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You sassy genius

Néanmoins, ce sont des films à voir pour la quantité de culture générale valide qu’ils apportent mais surtout pour le travail époustouflant des acteurs. Eddie Redmayne et Jack O’Connell sont incroyablement rigoureux dans leur interprétation et cela vaut tous les applaudissements.

Passons maintenant au film dont le titre est écrit en gros au dessus.

The Imitation Game nous présente Alan Turing, à travers l’aboutissement de son projet dont le but ultime est de déchiffrer les codes de la machine allemande Enigma, pendant la seconde guerre mondiale. Alors ce petit monsieur britannique n’a rien fait de plus qu’imaginer et créer de bout en bout une machine (la Bombe) qui permet donc d’avoir un avantage plutôt énorme pour gagner la guerre, mais Morten Tyldum a quand même décidé de faire un film dessus. Sérieusement, même le film le plus pourri de l’histoire du cinéma serait intéressant avec un homme aussi fascinant en personnage principal.

Mais The Imitation Game est loin d’être mauvais et cela grâce à l’efficacité de monsieur Morten Tyldum.

Tout d’abord il nous sert un personnage principal délicieux et Cumberbatch dans le rôle de Turing était presque prévisible. Notre Sherlock international et une fois Stephen Hawking dans un téléfilm il y a 11 ans a clairement l’expérience nécessaire pour jouer un génie avec du culot. Je n’ai pas connu Turing personnellement, mais j’ai trouvé que l’interprétation tendait un peu trop  vers un Alan Turing mi-RealTuring mi-Sherlock. Cela aboutit donc à un personnage principal un peu surfait, qui attire certes l’attention et la sympathie de l’audience, mais je me demande s’il est vraiment digne d’un biopic.

"Omg I think I cracked the Wi-Fi password ..."
« Omg I think I cracked the Wi-Fi password … »

Ainsi, on a ce personnage presque irréel au destin qui l’est encore plus.. Mais on se donne le droit d’y croire, parce que ce gars-là a existé et il a vraiment sauvé des millions de personnes ! Et Tyldum rajoute des feux d’artifices à ce récit en mettant en avant les éléments importants de sa vie et en jouant sur l’émotion. Lorsqu’on va voir The Imitation Game, on ressort avec de l’admiration face à son génie et on finit par accepter son arrogance, d’autant plus qu’on ne comprend pas vraiment comment toutes ces machines marchent… C’est du délire de mathématicien..

Grâce à cette prise de conscience des enjeux, on éprouve de l’affection pour lui devant les circonstances et les dilemmes qui sont liés au décryptage des codes d’Enigma qui sont réels et appuyés par les personnages secondaires. On ne va pas se mentir, les personnages principaux ne servent qu’à nous donner la petite larmichette ou à évoquer les autres aspects de la vie de Turing, dont son procès à cause de son orientation sexuelle et son enfance.

Que de l’efficacité. Pas de gaspillage.

Vive Cumberbatch
Vive Cumberbatch

On a un dosage millimétré de scènes significatives et une séparation des émotions propres à chacune d’elles, ce qui rend le scénario très clair à ce niveau là. Finalement, les quelques défauts à noter servent justement à cette clarté et , à mon très humble avis, on approche la situation d’Alan Turing de la manière la plus appropriée qui soit. Chose qui n’est pas toujours évidente pour tous ces fous du cinéma qui se lance dans un biopic.

The Imitation Game mérite donc ses nominations aux Oscars, et je lui discerne également le prix de « Film Qui M’a Donnée Une Envie Folle De Lire Dix Pages Sur la Bombe ».

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. 6nezphile dit :

    Je ne connaissais pratiquement pas Cumberbatch avant ce film, et je dois avouer qu’il m’a bluffée. Quel jeu d’acteur!

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