« This is real. This isn’t a fucking experiment. » – The Stanford Prison Experiment

Il semblerait que jouer un rôle trop longtemps n’est pas forcément très fun…

    Nous sommes en 1971, à l’Université de Stanford. Un professeur et chercheur en psychologie, du nom de Philip Zimbardo, décide de faire une expérience qui repose sur une simulation de prison. Aucun moyen n’est plus efficace que l’argent pour se trouver de gentils cobayes de deux semaines. Des étudiants volontaires sont choisis selon leur profil psychologique, qui se doit d’être stable et sain; et une pièce lancée en l’air décide de leur rôle de gardien ou de prisonier. Cette expérience ressemble au début à un mélange entre une plaisanterie lucrative et une pièce de théâtre de mauvais goût. Toutefois, la simulation tourne rapidement au vinaigre… Comme prévu, la dépersonnalisation prend le dessus et c’est à partir de là que l’expérience intéresse.

tumblr_nu07buMAwa1rtcgppo4_1280.jpg
… Le début de la fin

Il faut rappeler que toute cette mascarade s’est réellement produite, mais elle n’a duré que six jours au lieu de quinze à cause de la dégradation des conditions de vie des étudiants. Pour ceux que cela intéresse, on peut trouver le rapport de l’expérience rédigé sur 26 petites pages, question de bien sentir la claque.

Cet aparté étant donc terminé, je vais m’expliquer quant à l’utilisation du mot « claque ». Il a été impossible, pour ma part, d’avoir un avis plus ou moins objectif sur The Stanford Prison Experiment à la fin du visionnage. Et la raison principale est que j’avais l’impression de sortir tout juste de prison.

Je m’attendais à un film choquant, visuellement choquant. Cela n’était pas le cas, mais le choc était émotionnel. Le meilleur atout de ce long-métrage, réalisé par Kyle Patrick Alvare, est l’incroyable maîtrise des émotions du spectateur. Si vous avez lu d’autres articles sur La Cinéphile Du Coin, vous savez probablement que c’est THE critère ultime à mes yeux pour faire un bon film.

L’histoire se déroule plus souvent du côté des prisonniers que du côté des gardiens ou des professeurs. Ainsi, il est difficile de se détacher de leur situation. Rapidement, on se sent prisonniers nous-mêmes, et ce sentiment découle d’une frustration qui gagne en intensité jusqu’au bout du film. Les étudiants, qui oublient leur identité véritable, sont complétement emmurés dans une fausse réalité. Leur esprit est contrôlé par le cadre réaliste qu’offre cette experience. Un cadre tellement réaliste que les étudiants-gardiens jouissent de leur positoin de pouvoir, qui n’était au début qu’un rôle à jouer, et laissent grandir, presque malgré eux, leur cactère inhumain…

tumblr_nu07buMAwa1rtcgppo6_1280.jpg

Bientôt, plus personne n’a de contrôle sur cette fausse réalité. Pas même Dr. Phil, qui subit d’une manière différente les conséquences de cet emprisonnement. Les étudiants sont envahis par un sentiment de culpablité, ils ne se définissent plus que par leurs (faux) délits. Le spectateur se sent étouffé par cet emprisonnement qui pourrait cesser, mais qui continue au profit d’une curiosité presque malsaine.  La notion de temps est perdue, les heures passent et sont prises pour des journées entières. Le spectateur lui-même oublie si l’écran avait affiché « Day 3 » ou « Day 4 »: bref ! On se noie soudainement et de manière assez inattendue sous le poids des conséquences psychologiques de la simulation.

 Je vais terminer en évoquant deux personnages assez importants: Daniel Culp, le prisonnier 8612 joué par (l’excellentissime) Ezra Miller, et Tom Thompson, le prisonnier 2093 joué par Chris Sheffield.

Le personnage de Daniel perd vite … la tête. Ce dernier se rebelle et refuse que cette simulation s’impose en tant que réalité. Cette résistance est vaine et résulte tout de même à une confusion des réalités dans son esprit. De l’autre côté, le personnage de Tom reste très calme tout le long. Il se soumet à toute sorte d’autorité, et cela semble être sa plus grande force, une armure contre la torture psychologique subie.

stanford-prison-experiment-ezra-miller.jpg
Je ne serai jamais objective lorsqu’il s’agira d’Ezra Miller.

Ce film soulève de vraies problématiques et  dénonce clairement ce genre d’expériences, toutefois il met en évidence la dure réalité que cette simulation révèle. Cependant, il ne faut pas oublier que  sans cette expérience, l’existence de l’effet Lucifer au sein de l’univers carceral serait peut être passée inaperçue pendant des années…

Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver des informations quant à la sortie du film en France. Toutefois, peu de choses sont impossibles. Et voir The Stanford Prison Experiment n’est pas concerné par cet axiome.

Loubna Echandouri

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s