DUO : Twin Peaks/Un Chien Andalou

Avec la publication de ce second article de la catégorie « DUO« , celle-ci ne sera définitivement pas un projet pathétiquement abandonné après avoir été crée sur un coup de tête. Et je m’en trouve ravie.

Les deux films concernés par cet article sont l’étrange Twin Peaks : Fire Walk With Me de David Lynch et l’acclamé Un Chien Andalou de Luis Buñuel; deux œuvres qui se rejoignent dans leur bizarrerie et leur originalité. Comme pour toute œuvre se positionnant en dehors du cadre habituel de la conception cinématographique ; il y a déstabilisation. Grande déstabilisation. Tellement grande que je n’ai probablement rien compris à ces deux films. Cela va donc faciliter ma tentative de les résumer… Je m’excuse de prendre le chemin de la facilité (sorry, not sorry).

 

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Le charme à l’état pur.

 

Twin Peaks : Fire Walk With Me base son intrigue sur les derniers jours de la vie de Laura Palmer, on fait donc un petit tour dans le passé d’une jeune femme menant une double vie assez flippante, loin des Teen Movies des années 90 (même si ce film est paru en 1992…). En partie. La première partie du film renvoie au décès de Teresa Banks, dont l’investigation finit par lier les deux affaires. Ce film aurait pu être simple, mais l’esprit de la série Twin Peaks (1990-1991), qui reprendra d’ailleurs en 2017, est plus du genre partisan de l’étrange. De ce fait, l’œuvre de David Lynch est un mélange entre une intrigue a priori simple et une succession de scènes extrêmement dérangeantes.

Tout comme les images que nous offre Un Chien Andalou. Ce film est un tourbillon d’étrangeté amenée par une vague de surréalisme, cela le rend impossible à résumer (... ce qui est plutôt pas mal, il faut se l’avouer). Il faut rappeler que Un Chien Andalou est né avec l’union de rêves faits par Dalí et Buñuel, âgés de la vingtaine; cela implique que s’attendre à un film suivant les mécanismes habituels du story-telling serait faire preuve d’une grande naïveté…

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Je sais pas. J’ai rien compris.

Un Chien Andalou n’était pas censé être logique, ni avoir un sens particulier. Tout comme pour Twin Peaks : Fire Walk With Me, il y a cette incompréhension autour du scénario qui a fait grincer les dents de beaucoup à l’époque de leur diffusion. Mais aujourd’hui ces deux œuvres sont devenues cultes, et font couler beaucoup d’encre. Que cela s’applique dans les écoles de cinéma, ou dans les journaux cinématographiques, il y aura toujours ce mystère inépuisable, souffle de ces films.

 

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Il est tombé. D’un vélo. C’est tout.

 

Ce souffle est porté par l’incroyable performance des acteurs, et c’est un avis probablement très subjectif, mais que je tiens à soutenir tout de même. N’étant pas une habituée des films silencieux, je ne m’attendais pas à la présence singulière des acteurs dans Un Chien Andalou. Simone Mareuil qui interprétait ‘la femme’ a offert un jeu d’acteur hypnotisant. Chaque émotion passe par le regard. Et c’est aujourd’hui une qualité de comédien devenue moins commune et qui provoque souvent des pluies d’éloges.

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Simone Mareuil is judging you (why isn’t this scene a meme yet?)

Cela est fait avec une très belle finesse, on ne décèle pas d’exagération dans les expressions faciales, néanmoins, une intensité propre aux films muets se dévoile à nous. Intensité qui ne décline pas une seule seconde, et qui s’impose royalement à travers la scène mythique de ‘l’œil tranché’. Pour Twin Peaks, l’effet du jeu d’acteur est plus pervers. Les personnages sont loin d’être silencieux, et avec une vague de cris et de rires stridents, on a du mal à ne pas être dérouté. L’interprète de Laura Palmer, Sheryl Lee, est sans doute l’une des actrices m’ayant le plus marquée. Son personnage a une double facette, propre au style Lynchien, et cela demande de Lee une incroyable présence émotionnelle.

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PIZZA

Jeune étudiante le jour, toxicomane et prostituée au Bang-Bang la nuit, elle sombre lentement dans une folie, tout sauf douce, face aux événements traumatisants et aux hallucinations qu’elle subit. Elle se retrouve donc happée par une réalité perturbante, et nous subissons ces faits avec autant de déstabilisation qu’elle. Très souvent, on est prêt à mettre le film en pause pour essayer de comprendre pourquoi un cheval se trouve en plein milieu de la chambre à coucher. Juste un exemple. Il y a pire.

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Je sais pas. J’ai pas compris là non plus.

Ces deux films semblent ainsi avoir pour seul but de marquer avec leur caractère surréaliste. Les scènes symboliques, comme la main dont émanent des fourmis (Un Chien Andalou) ou la scène de l’enfant masqué (Twin Peaks), rendent ces films mythiques car elles nourrissent un nombre croissant d’interprétations différentes. 

Alors si vous n’aimez pas ces deux œuvres mais que vous n’arrivez tout de même pas à oublier les images étranges qu’ils pondent, c’est que les réalisateurs ont fait du bon travail.

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