« AAAAAAAAAAAHH » – The Red Turtle

Je n’ai pas trouvé d’autres citations notables dans ce film, vous excuserez donc l’utilisation de cet onomatopée en guise de titre.

The Red Turtle est un film sans dialogues à l’incroyable pouvoir de relaxation. Sincèrement, on devrait en faire plus, la population humaine serait sûrement moins stressée (#2DAnimationAgainstStress). Mais on devrait surtout faire plus de films d’animation en 2D. On l’a dit et redit, la 2D a toujours été magique et il faut que nos chers réalisateurs nous en fassent plus souvent cadeau. The Red Turtle s’inscrit ainsi dans la lignée de ces films un peu hors du temps, et il mérite amplement le Prix Spécial de la sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes cette année.

Passons désormais au vif du sujet. The Red Turtle raconte l’histoire d’un naufragé sur une île déserte (rien de bien innovant jusque là) qui rencontre une tortue de mer…rouge. Et après il se rend compte que c’est une jolie demoiselle, du coup il décide de ne plus jamais quitter l’île. Voilà, c’était le vif du sujet. Sérieusement.

Ce long-métrage, fruit de l’imagination de Michael Dudok De Wit et Toshio Suzuki, entre autres, est un vrai poème visuel. Le réalisateur de l’acclamé Father and Daughter et le producteur des Studio Ghibli se sont liés dans la création d’un film qui conte le cycle d’une vie.

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IL EST MEUUUUUGNOOOOOOOOOONNN

Je dis « une vie » mais remplacer cela par « la vie » pourrait être tout aussi juste. La singularité de l’histoire s’estompe face à tout ce qui rend cette histoire commune. Nous avons des personnages sans noms, des personnages sans langue. Nous faisons face à des êtres apeurés, amoureux, désespérés, joyeux. Les seuls sons qu’ils nous offrent sont des cris, du charabia de bébé, ou de magnifiques fou rires. Il y a cette universalité qui se dévoile malgré le fait qu’on parle quand même d’une tortue se transformant en femme…

Avant, il était serrurier et astronaute.

C’est ce qui rend ce film très touchant. On n’a absolument aucun mal à s’attacher très sincèrement aux personnages, sans aucune connaissance de leur identité ou de leur passé. Il y a une lenteur dans le déroulement des événements qui reflète à merveille l’atmosphère presque mélancolique de ce long-métrage.

La première partie du film expose la frustration et la colère du personnage face à son destin. Il a un désir de survie très… humain puisqu’il passe d’une motivation ardente de fuite, à un désespoir quasiment fatal, pour enfin revenir à cette motivation toujours plus intense.

Puis, ce même caractère humain se reflète à travers la culpabilité de faire du mal. Il se reflète également à travers ce trait extrêmement fascinant de l’homme qui consiste à s’habituer à toute situation. Cet homme va peu à peu accepter les limites de son environnement, les limites de sa vie sur cette île et il va tout naturellement s’y adapter.

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Spoil : il l’a eu.

Enfin, il y a l’amour et la famille. Cette partie, contrairement à celles d’avant, est plus rapide. Elle montre à quel point la compagnie de ceux qu’on aime, ici ce sont sa femme et son fils, rend tout plus simple. Les jours passent beaucoup plus vite. L’existence est plus douce.

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Regardez moi ces couleurs !

Évidement, la musique et les tableaux contribuent grandement au charme de The Red Turtle. Comme je l’ai dit en introduction, les films d’animation en 2D sont un trésor cinématographique qu’il faut chérir et préserver. Il y a dans ce film des scènes, des tableaux, incroyablement beaux et doux. Et je suis convaincue que l’animation en 3D, malgré le détail qu’elle permet et l’exceptionnel mélange possible de couleurs et de tons, ne peut arriver à ce résultat artistique. Il y a dans ces œuvres un aspect « croquis » qui, à mes yeux, possède un charme fou.

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Tom Hanks ? Is that you ?

Pour ce qui est de la création musicale Laurent Perez Del Mar a réussi à me donner des frissons assez violents. La musique a su, elle aussi, apporter une touche émotionnelle très pure.

The Red Turtle a été un délice, un régal, une vraie tarte aux fraises.

Et je suis partante si certains d’entre vous veulent faire une pétition pour plus de films d’animations en 2D…

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