« The only exciting thing about 2002 is that it’s a palindrome. » – Lady Bird

   Tout d’abord, rappelons que Lady Bird sort officiellement dans les salles françaises le 28 Février, à l’exception de quelques salles où il est projeté en avant-première. L’idée est  qu’au terme de cet article, vous ayez envie de courir avec vos petits petons voir Lady Bird à la fin du mois.

Ils sont grave beaux WTF, Huile sur toile, 2017.

   Le second film de Greta Gerwig a fait trembler les plus grands du game cinématographique, puisque son film a raflé 5 nominations aux Oscars cette année. Lady Bird est nommé pour les Oscars suivants :

  • Meilleur film [Lady Bird]
  • Meilleure actrice [Saiorse Ronan]
  • Meilleure actrice secondaire [Laurie Metcalf]
  • Meilleure réalisateur [Greta Gerwig]
  • Meilleur scénario original [Greta Gerwig]

   C’est lourd. Vraiment. Surtout pour la nomination du meilleur réalisateur puisque Greta Gerwig est l’une des 5 femmes à avoir reçu cette nomination des 90 ans d’existence de la cérémonie.

   Lady Bird n’est pourtant pas basé sur un scénario exceptionnel. Il raconte l’histoire de Christine “Lady Bird” McPherson, jeune femme d’une telle indépendance qu’elle se prénomme elle-même. Elle y tient tellement que maman est forcée de l’appeler ainsi. C’est d’ailleurs sa relation avec sa mère qui donne de l’élan à cette jeune femme afin prouver qu’elle est capable de tout. Lady Bird rêve d’aller dans une université loin de sa ville adorée (sarcasme qui sera compris post-visionnage du film), Sacramento. Sa mère qui est une infirmière, travaillant sans cesse, stressée sans cesse également, essaye de lui faire comprendre que les moyens financiers manquent. Mais vous savez quoi, on s’en fiche.

Pour inspirer l’héroïne d’un film, rien de plus efficace que d’être la déception familiale

    Lady Bird aurait pu avoir une intrigue totalement différente, il aurait été tout aussi doux à regarder. Ce film était l’équivalent d’une glace au caramel-spéculoos dégusté dans une chambre illuminée de bougies parfumées. La raison étant la manière dont il est raconté et filmé. On a vu des milliers de films contant l’histoire d’une lycéenne qui se découvre, grandit et se rebelle contre ses parents adorés. Elle vit ses premiers amours, ses premières déceptions amoureuses et amicales. Elle rêve de vivre loin du foyer familial et de découvrir la liberté d’une nouvelle vie dans une grande ville. Le squelette du scénario est connu, néanmoins, Gerwig a réussi à rendre ce film spécial.

   Le plus bel attrait de Lady Bird est sa grosse dose de sincérité. C’est un film à cœur ouvert. L’actrice principale Saiorse [prononciation : ‘sear sha’] Ronan a réussi à exprimer des émotions assez uniques et spécifiques à cette période de la vie. Entre les fluctuations terrifiantes de confiance en soi, et la douceur indescriptible des premiers amours; tout est apparent, sans trop en dire.

   Le personnage de la mamounette est aussi un incroyable vecteur de ce réalisme. Laurie Metcalf joue  le rôle de Marion, une mère forte, travailleuse, et cheffe de famille. Et de manière assez inattendue, elle nous livre des scènes d’une vulnérabilité superbe. Il y a une scène dans le film durant laquelle Lady Bird et sa maman écoutent la version audio du livre Les raisins de la colère de Steinbeck, qui les laisse émues aux larmes. Mais elles se disputent assez violemment littéralement une minute après. Il semblerait presque que les péripéties du film ne soient qu’un prétexte pour peindre cette relation mère-fille frustrante, perturbante mais authentique.

Moi juste avant ma semaine d’examens. C’est triste à quel point ce n’est pas une blague.

   Ce film ne marque pas de son scénario, il n’a rien de spécial. Les dialogues et les personnages secondaires sont aussi parfois trop stéréotypés. Il y a la fille riche et populaire qu’on veut avoir comme copine, l’amoureux mystérieux et anarchique qui se révèle être pas top top, la dispute avec la meilleure amie juste avant le bal de promo. Bref, du grand classique. Rien de gênant toutefois. Le long-métrage est riche d’émotions et de couleurs. Les plans sont intimes, et chaleureux. On a droit à une palette de couleurs chaudes, parfois avec le soupçon d’un rose « giflant » (cheveux roses, plâtre rose, robe rose) pour marquer la singularité de Christine a.k.a Lady Bird.

   Dans l’interprétation d’un rôle d’adolescente traditionnel, Lady Bird a fait naître une nouvelle façon de raconter le passage à l’âge adulte. Sans cacher les incohérences, et les échecs. Sans accentuer les douleurs, et les déceptions. Et surtout, sans donner l’illusion qu’au terme de ce passage, on est la meilleure version de soi possible.

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