5 films qui nous font réfléchir.

Premièrement, mes excuses pour cette disparition prolongée. Vois-tu; j’étais en train de gérer la crise existentielle dans laquelle mes examens m’ont plongée pendant un long semestre. Et je n’ai pas vraiment eu le temps de penser à autre chose qu’aux 12 plans B que je devais prévoir dans le cas où le scénario ‘bon. ben ma vie est carrément foutue.’ se réalisait.

Maintenant que toute cette jolie pagaille est passée, je t’invite à vivre avec moi un autre type de crise existentielle… On va explorer ensemble quelques films qui vont nous aider à voir le monde de manière un peu différente. Tu vas aimer, suis-moi.

When They See Us, Ava DuVerney, 2019

je veux qu’elle m’adopte.

Je commence par le ‘film’ le plus important de l’année, et qui restera probablement très longtemps dans les mémoires. Attention — avant qu’on m’accuse d’hérésie — c’est une mini-série, et non pas un film à proprement parler. Mais je vais dire film parce que — beeen — j’ai envie et aussi parce que si tu regardes les 4 épisodes d’une heure chacun à la suite, ton cerveau le retient un peu comme un film…

When They See Us nous replonge dans le cauchemar vécu par cinq hommes (Steven Lopez, Antron McCray, Kevin Richardson, Yusef Salaam et Michael Briscoe) dans l’affaire des Central Park Five. Les cinq garçons à l’époque ont été condamnés à tort pour le viol et l’agression violente d’une joggeuse dans Central Park la nuit du 19 Avril 1989.

La raison pour laquelle la grande Ava a juste détruit le game avec son œuvre, est qu’elle a rendu palpable une réalité qui nous semble parfois impensable. Je parle d’une part des condamnations à tort dans le cas où les présumés coupables font des ‘aveux’. Mais je parle également de tout le processus qui précède cette fausse confession-là ; le racisme, la torture et la manipulation psychologique qui entrent en jeu pour emprisonner ceux qui ont été choisis. Il est vraiment difficile de s’imaginer à la place de ces garçons à l’époque, il est encore plus difficile de conceptualiser leur vie d’homme après des années de réelle horreur; mais je te garantis que tu vas sentir la rage de l’injustice du fin fond de tes entrailles avec ce film.

Robin Williams : Come Inside My Mind, Marina Zenovich, 2018

quand on veut toucher mes joues trop rondes

Nous connaissons tous le destin tragique du pétillant Robin Williams, et nous avons tous au moins un bon souvenir naît de ses blagues ou des ses films à transpercer le coeur (Dead Poets Society Team , i see you). Robin Williams: Come Inside My Mind est une œuvre qui prend le temps de redonner à Robin Williams son titre d’être humain. Trop souvent, les personnalités de l’humour ou même du cinéma perdent de leur complexité dans notre esprit. Ils sont soient parfaitement drôles, parfaitement gentils, parfaitement beaux ou parfaitement bons — Keanu Reeves, on te lâche pas.

Marine Zenovich met en lumière la complexe personnalité de Robin Williams, et son vécu affreusement humain. Le documentaire n’est pas lourd à voir, il y a beaucoup trop de scènes hilarantes et touchantes avec un Robin Williams au rire contagieux. Mais ses épreuves sont abordées avec sincérité et morale. On prend du recul sur ce que signifient la dépression et l’addiction à travers le vécu d’une personne qui semblait être l’allégorie même de la joie de vivre.

Shoplifters, Hirokazu Koreeda , 2018

l’adorabilité extrême de cette photo n’excède toujours pas la sexiness du long caleçon blanc

Si tu n’es pas familier avec les œuvres de Koreeda, alors permets moi de te parler de ce qui rend ses films spéciaux. Koreeda va te parler de famille dans Shoplifters; d’une famille, aux liens ambigus, qui survit avec quelques vols et des petits boulots. Il va te parler de combien est sacré cet amour familial même lorsqu’il y a des erreurs en chemin. Et il va tellement bien t’en parler que tu seras envahi de tendresse pour ton petit neveu insupportable qui pose beaucoup trop de questions à 8h du matin.

Son film a gagné la Palme d’Or l’an dernier — oui — mais c’est pas la raison pour laquelle il faut que tu ailles déguster le film. Si si, écoute moi : c’est pas LA raison. Koreeda va te faire questionner toute conception que tu as de ce qui est bien, de ce qui est correct et aimant. Il va te faire pleurer, des larmes que tu ne savais même pas existantes en toi. Il te touchera, probablement avec une vraie gifle, mais tu seras touché quand même…

Beautiful Boy, Felix van Groeningen, 2018

Résultat de recherche d'images pour "beautiful boy"
aaah Steve Carell you talented little f…risbee

Je ne connais personnellement personne ayant souffert d’addiction aux drogues, ou un membre de la famille d’une personne addicte. Et en regardant Beautiful Boy, j’ai réalisé qu’il y avait tout un type de combat dont je n’étais absolument pas consciente. On va découvrir le combat terriblement émouvant d’un père — The Office nous a caché un distributeur de sanglots — qui tente de sauver son fils addict au crack.

Tout le long du film, on voit un père de famille s’accrocher à l’espoir que son fils sortira de son addiction comme on s’accrocherait à un arbre en flammes. Et c’est réellement un combat pour lui, car il a d’autres enfants qui ont besoin de lui, mais surtout il commence à sérieusement en souffrir mentalement. Il vit dans une angoisse palpable et constamment présente à ses côtés. Il a peur qu’à tout moment la police l’appelle pour l’informer de l’overdose fatal de son enfant. Il a peur que son fils disparaisse en plein milieu de la nuit à la recherche de drogues. Et il est surtout tétanisé à l’idée de perdre son fils, celui qu’il a connu et celui qu’il essaye de sauver aujourd’hui.

Frances Ha, Noah Baumbach, 2012

quand tu comprends pas DU TOUT pourquoi il veut toi, DU TOUT

On termine par un film coup de cœur, et trop important. Frances Ha suit le petit destin de Frances, une danseuse qui galère pour survivre avec son art, et qui dans sa quête reflète un petit peu de chacun d’entre nous. Sa personnalité est incroyablement attachante, entre le désarroi occasionnel et la gêne profonde des dîners entre adultes, elle essaye d’encaisser les échecs et de trouver un peu de bonheur là où elle peut.

Il n’ y a pas grand chose d’incroyable qui se passe dans le film, mais il est important parce qu’il met en valeur la beauté de l’essai. Il y a beaucoup de choses qui ne marchent pas dans la vie, et parfois il y a des choses qui marchent vraiment bien. Et entre les deux, il y a juste beaucoup d’effort. Frances Ha soulève cette idée qu’il y a une vrai beauté dans l’effort qu’on met en place pour arriver à nos buts, et des moments profondément joyeux récoltés en chemin. Frances essaie vraiment — mais vraiment — de réussir dans son art, de s’épanouir dans ses relations amoureuses, amicales et familiales; malgré toutes les misères qu’elle se mange. Elle essaye de trouver une certaine stabilité dans sa vie et de comprendre ce qu’elle veut vraiment faire de s vie.

C’est une quête assez familière pour les jeunes générations, et plutôt pas évidente. Et tout n’est pas parfait, mais c’est tellement… pas grave et normal. Et peut-être même qu’avec le temps se révélera une splendeur dans tous les efforts qui ont été faits. Alors si t’as l’impression d’être carrément perdu, que tu ne sais pas où tu vas, si tu vas y arriver; tu devrais discuter un peu avec Frances.

Voilà belle personne. Il y aura dans ta vie des films qui vont bouleverser tout ce qu’il y a de ‘bouleversable’. Par le fou rire ou par le sanglot, mais j’espère te voir saisir chaque opportunité de vivre l’expérience.

Peace 🌻.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s